Y a-t-il quatre personnes dans la Trinité ?

Y a-t-il quatre personnes dans la Trinité ?

    Non, il y en a trois, si nous parlons de la manière dont Dieu nous apparaît à travers la tradition et l’Ecriture.Trois personnes qui ne sont pas seulement trois dieux ou avatars de Dieu, mais la richesse constitutive de l’identité d’un seul et même Dieu (Père, Fils et Esprit Saint).
    Dans le récit du livre de la Genèse, avant la création de la femme, Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ». Dans la révélation progressive du mystère de Dieu nous pourrions dire : « Il n’est pas bon que Dieu soit seul ». En fait, nous croyons en un seul Dieu, mais non ne croyons pas en un Dieu seul ! Les musulmans affirment l’unicité de Dieu, les chrétiens reconnaissent l’unité de Dieu. C’est loin d’être la même chose !
    Pour que Dieu vienne à nous, nous croyons qu’il est déjà relation d’amour à l’intérieur de lui-même. C’est de cette manière qu’il peut nous intégrer, nous faire entrer dans son tourbillon divin. Car s’il nous a créés en tant que Père, s’il vient nous révéler notre dignité humaine en tant que Fils, s’il nous fait comprendre tout cela en tant qu’Esprit Saint, c’est pour nous entraîner dans son dynamisme de vie divine.
    Et c’est ici que je repose la question initiale : « Y a-t-il quatre personnes en Dieu ? ». Si nous comprenons cette question selon notre avenir en Dieu, il faut répondre oui : car nous sommes destinés à entrer dans la relation d’amour qui embrase les trois personnes de la Trinité. « Dieu avec nous » c’est donc les trois personnes de la Trinité, plus nous !
    Sainte Elisabeth de la Trinité a rédigé une belle prière qui peut nous inspirer : « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en Vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité ; que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de Vous, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère ! Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là, toute entière, toute éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre action créatrice ».
            Père  Dominique THEPAUT 

Que faire de « l'homme à demi-mort » ?

Que faire de « l'homme à demi-mort » ?

     Ce qui aurait pu rester une simple délibération entre le malade, sa famille et l’équipe médicale, est devenu une affaire de morale nationale : nos compatriotes sont partagés sur le sort à donner à M. Vincent Lambert, et le trouble saisit aussi les catholiques. Car, comme souvent, nous n’avons pas ici une opposition entre le bien et le mal, mais entre un bien et un autre bien. Et le choix n’a rien d’évident car il touche aussi à ce que nous voudrions pour nous-mêmes et nos proches dans un tel cas de vie minimale sans espoir d’amélioration, sans qu’il y ait cependant d’acharnement thérapeutique déraisonnable.

     Les évêques de France ont publié le 22 Mars 2018 une déclaration intitulée : Fin de vie : oui à l’urgence de la fraternité !. Et ils citent à l’appui de leur réflexion le texte d’évangile en Luc 10, 29-37 :
« Le « bon Samaritain » prend en charge « l’homme à demi-mort », le conduit dans une « auberge » hospitalière et exerce la solidarité face à la « dépense » qu’occasionnent ses « soins ». À la lumière de ce récit, nous appelons…à un sursaut de conscience pour que s’édifie toujours plus en France une société fraternelle où nous prendrons individuellement et collectivement soin les uns des autres. Cette fraternité inspira l’ambition de notre système solidaire de santé... Que ferons-nous de cette ambition ? La fraternité relève d’une décision et d’une urgence politiques que nous appelons de nos vœux ! »

Et ce souci de fraternité est particulièrement nécessaire pour les petits et les faibles, pour ceux qui ne peuvent pas s’exprimer sur leur vie.

      En contrepoint spirituel, je dirais volontiers que « l’homme à demi-mort », c’est chacun de nous. Jésus le Christ, dans sa passion est venu à la rencontre de toutes nos souffrances ; c’est lui qui a endossé nos blessures et qui prend soin de nous ; il nous prend la main pour passer de la mort à la vie. Au moment de la Pentecôte, nous relisons la séquence qui demande à l’Esprit Saint : « Viens Esprit Saint, (…) Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé. »        
            Père Dominique THEPAUT

Persécutions contre les chrétiens. Que dire et que faire ?

Persécutions contre les chrétiens. Que dire et que faire ?

      « Padre, je suis déçu : vous auriez pu dire quelque chose sur les événements tragiques survenus au Sri Lanka où des attentats dans des églises et des hôtels ont fait 250 morts». Il ne faut pas taire la violence qui s’exerce sur les chrétiens : beaucoup de media restent anormalement insensibles aux persécutions que nous subissons.
      J’aurais pu réagir tel le Padre militaire que j’étais : « Il faut nommer et combattre son ennemi ; gentil, c’est pas un métier, ça ! » Nous pourrions aussi reprendre les paroles d’exaspération du Psaume 113,3 : « Jusqu’à quand, Seigneur, mon ennemi sera-t-il le plus fort ? » Enfin, zut, Seigneur, est-ce ainsi que vous traitez vos amis ?
      La violence est de toujours, elle est également présente chez ceux qui contestent les autorités ; et l’Evangile proclamé par Jésus met en cause le fonctionnement de toute une société. Un auteur disait : « l’Evangile est de la dynamite, n’en faites pas de la tisane ! »
      Oui, la parole de Jésus est violente, il est venu « apporter le feu sur la terre » (Luc 12,49) ; son message vient diviser les familles (Mt 10,35). Pourtant, il refuse d’utiliser la violence pour prendre le pouvoir. Il commande d’aimer ses ennemis, de pardonner.
     Il va même plus loin en demandant à ses disciples de ne pas résister aux méchants (Mt 5,39).  Il invite à être serviteur ; il se présente comme « doux et humble de cœur » (Mt 11,39). Avant d’être arrêté, il refuse le combat que ses compagnons, sortant l’épée, allaient mener pour le défendre par la violence (Lc 22,50).
      Alors, faut-il se résigner ? Faut-il accepter la violence faite aux chrétiens sans réagir ? Jésus nous met en garde : « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. » (Mt 26,52).
La seule arme à notre disposition est celle de l’amour. Le Royaume ne s’établit pas par la brutalité ou la vengeance, mais par l’amour, cette force divine qui triompha de la mort en ressuscitant Jésus.
Quand Jésus pardonne à ceux qui le crucifient, quand il demande au disciple de « tendre l’autre joue », ce n’est pas un abandon entre les mains de Dieu : face au violent, Jésus exerce la violence de l’amour. Il sait nommer le mal, le combattre, mais il veut sauver les personnes.
Prions pour que la violence de l’amour touche le cœur de nos persécuteurs. Y a-t-il une autre manière d’agir qui soit chrétienne ?
        Oui : prions aussi pour les pouvoirs publics afin qu’ils garantissent la paix civile et permettent à chacun de pratiquer sa religion.
Père Dominique THEPAUT

Une expérience du style ou de la grâce…

Une expérience du style ou de la grâce…

      Quel est le centre de la foi chrétienne ? C’est la vie dans la grâce ! Et comment définit-on     la grâce ?
Du danseur on parlera de la légèreté du corps en mouvement, pour le chanteur,       du trouble heureux que procure sa voix, du peintre, d’une certaine lumière qui augmente      la réalité et la rend spirituelle. La grâce perçue magnifie la nature.
Avons-nous déjà fait l’expérience de la grâce dont parle l’Evangile ? Il ne s’agit pas d’un sentiment pieux ni d’une exaltation religieuse, mais de petites expériences quotidiennes dont le théologien Karl Rahner nous donne quelques aperçus :
« Avons-nous déjà gardé le silence, bien que nous voulions nous défendre, bien que nous fussions traités injustement ? Avons-nous déjà pardonné bien que nous n’en retirions aucune récompense ? (…) Avons-nous été bons envers un homme, sans en avoir en retour aucun écho de reconnaissance et de compréhension, sans même      le sentiment de satisfaction intérieure ? (…)
Quand nous nous abandonnons à cette expérience de l’Esprit, quand nous avons renoncé à quelque chose de nous-mêmes, nous commençons alors à vivre dans       ce monde de Dieu même, du Dieu de la grâce et de la vie éternelle.»                            Ecrits théologiques III.
Il n’est pas naturel d’aimer ses ennemis, de prêter sans rien espérer en retour, de se laisser voler sans réclamer son bien… Un chemin pour des naïfs ? Il vaut bien mieux être naïf que strict comptable de ses intérêts. Il en va en nous de la possibilité d’une vie spirituelle, d’une irruption de la grâce. En clair, il faut préférer l’ouverture de son cœur à la fermeture de son portefeuille. Etre bon comme Dieu est bon, accepter comme lui le risque d’être incompris,
mais être avec lui, car Dieu est grâce pour le monde.
             Père Dominique THEPAUT

Le Pape a-t-il reconnu les apparitions à Medjugorje ?

        Dimanche 12 Mai, la salle de presse du St Siège  annonçait la décision du Pape d’autoriser les pèlerinages à Medjugorje, un village de Bosnie où la Vierge Marie serait apparue à 6 enfants à partir de Juin 1981. Depuis, ce village accueille plus de deux millions de pèlerins par an. Pour l’instant, seulement des pèlerinages « privés » : pour que les pèlerinages puissent se faire au titre d’une paroisse, d’un diocèse (comme à Lourdes, à Fatima par exemple), l’Eglise se doit d’authentifier ces apparitions et de vérifier le contenu du message. Pour « reconnaître » une apparition, quatre critères sont appliqués :
- Conformité du message avec la sainte Écriture ;
- Communion avec l’Église ;
- Cohérence entre messagers et message ;
- Fruits spirituels de conversion ;
C’est ainsi que sur plus de cent prétendues apparitions au cours du XXe siècle, l’Église catholique en a retenu quatre : Fatima (Portugal - 1917), Beauraing (Belgique - 1932), Banneux (Belgique - 1933), et Akita (Japon - 1973).
Précisons que la décision du Saint Père d’autoriser les pèlerinages à Medjugorje n’est pas une déclaration sur l’authenticité des apparitions. L’Eglise ne s’est pas encore prononcée à ce sujet. Mais tout en mettant en garde contre le risque de donner trop d’importance à la multiplication des messages et des secrets, le Saint Père souligne les fruits positifs de ces pèlerinages à Medjugorje.
Dernière question : est-on obligé de croire à ces apparitions ? Non, les apparitions ne sont pas des objets de foi. Chacun est libre de croire ou non aux apparitions, que celles-ci soient reconnues ou non par l’Église. Les apparitions n'ont pas pour rôle de fonder la foi, mais de la servir. En ce mois de Mai, mois de Marie, sachons aller à l’essentiel, nous tourner vers celle qui intercède pour nous et nous conduit à son Fils Jésus : « Faites tout ce qu’il vous dira ! ».
               Père Dominique THEPAUT