L'Eucharistie, chemin et expérience totale de vie.

L'Eucharistie, chemin et expérience totale de vie.

   L’Eucharistie est un sacrement dont la signification devrait crever les yeux. Pour accéder à la profondeur d’un tel mystère, il faut partir de ce qu’on voit, afin d’arriver à ce qu’on croit et de communier à ce qui est. Triple mouvement !

   Ce qu’on voit, ce sont des réalités humaines prises et données par Jésus pour qu’on mange et qu’on boive. Des réalités bibliques aussi : pain de l’Exode mangé à la hâte, vin qui évoque le festin du Royaume. Sans le double mouvement de communication et d’assimilation, pas d’alliance possible entre le Christ et nous. Il nous faut « manger » ces signes visibles pour le saisir.

   Ce qu’on croit, c’est le sacrifice de Jésus anticipé dans le repas de la Cène : Parole efficace de Dieu, c’est sous les signes du pain et du vin transformés, que Jésus se donne aux hommes pour qu’ils vivent de son passage, de sa Pâque. Sur l’autel se manifeste la réalité invisible de cette grâce de Dieu pour le monde.

   Ce qui est, c’est une expérience nouvelle qui nous fait passer à travers les épreuves et annonce notre participation à la résurrection du Christ. Appelés à aimer comme lui, nous faisons « pain et corps » avec le Christ vivant et présent dans son peuple. Nous expérimentons ainsi l’unité des deux commandements d’aimer (Dieu et notre prochain) et le lien mystique qui unit la foi et la vie.

« Je l’ai saisi et ne le lâcherai point. » (Ct 3, 4) : de notre première à notre dernière communion, tel est le cri du désir pour les voyageurs que nous sommes, solidaires du passé, mais goûtant déjà notre arrivée en Dieu.

Père Dominique THEPAUT

« Chacun entend les merveilles de Dieu dans sa langue. »

« Chacun entend les merveilles de Dieu dans sa langue. »

(Première lecture du jour de la Pentecôte / Actes 2, 1-11.)

       Tous les prêtres de la paroisse vous prêchent en français. Ils savent aussi d’autres langues, issues de leur culture originaire (breton, langues de la Côte d’Ivoire) ou apprises pour les besoins de leur ministère (espagnol, chinois, anglais, allemand). Certains montrent parfois une pointe d’érudition en latin…

     Beau mouvement de la Pentecôte : chaque ‘langue’ (de feu) multiplie le mode d’expression de la vie renouvelée offerte par le Christ.
Il ne s’agit pas uniquement de traduire en d’autres langues ce qui a été consigné en hébreu ou en grec, au risque de perdre un peu du ‘dépôt biblique’ initial. Car le mystère de Dieu s’enrichit de toutes les autres manières de le dire : chaque parler du monde a sa compréhension propre du réel visible et invisible. Pas de langue sacrée pour les chrétiens ! L’entretien avec le divin est profusion, et toute parole est déjà contenue dans le ‘Verbe’ de Dieu.

   Entendre les merveilles de Dieu dans sa langue, c’est aussi l’entendre dans son espace particulier : comment est-ce que je perçois aujourd’hui l’action de Dieu dans le contexte économique, social, culturel, et intellectuel d’un habitant de mon âge, en France, en 2021, c’est-à-dire dans ma langue du moment ?

   Entendre les merveilles de Dieu c’est pour chacun, chercher sa résonnance dans l’espace singulier de ses pensées, de son histoire, de sa vie présente et de ses projets, dans sa langue intérieure.  Alleluia à l’Esprit d’ouverture !
La ‘merveille de Dieu’, c’est déjà l’homme s’entretenant avec le Dieu saint.

Père Dom. THEPAUT

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